- đèn lồng nổi - (Lanterne flottante)

D’après la série « Only the River Flows »
Octobre 2025 - Part 1

Le fleuve déborde comme une mémoire pleine. Mon premier jour à Hanoï s’est dissous dans la pluie, reporté vers le sud, à Hồ Chí Minh, comme si le voyage lui-même décidait de son propre courant.

À Huế, en famille, nous rencontrons de fortes pluies — non pas celle des cartes postales, mais celle qui envahit les rues, qui transforme les moteurs en barques,
les trottoirs en rivages incertains.

À Đà Nẵng, à Hội An, j’ai photographié la pluie battante et les silhouettes patientes sous des capes translucides.
Des mains tendues à travers des vitres embuées, des regards posés sur une rivière brune qui avale les contours du monde.

Tout semble flotter.

Une maquette de bateau immobile sous un pont fatigué. Des lampions en forme de poissons suspendus dans la nuit.
Des lanternes dérivant comme des constellations fragiles, créant des vagues de lumière à la surface du réel.

La cité impériale de Huế en bas relief
devient île une cartographie aérienne d'un âge d'or englouti par la réalité des catastrophes climatiques tandis que des femmes et hommes solitaires comme naufragés errent au bord du delta du Mékong, entre silence et résilience.

Le courant efface, transporte et détruit tandis que l’eau trouble et déplace nos pensées incertaines et laisse derrière elle les reflets de lanternes flottantes comme des prières confiées au courant.